La Voix de Jacquou Site de la Fédération de Dordogne du PCF
Voeux de la fédération du parti communiste de la Dordogne

Pas d’union sacrée face à la regression sociale

lundi 25 janvier 2010 par Laurent Perea

Chers amis, chers camarades,

Avant de commencer mon intervention, je voudrais que nous ayons ensemble une pensée solidaire à l’égard du peuple haïtien La solidarité s’organise, c’est bien sûr quelque chose de positif. Mais elle ne doit pas s’arrêter aux pansements des plaies. Les pays riches, l’Europe, la France ont des devoirs à l’égard des pays comme Haïti, où n’ont pas disparu les stigmates du colonialisme. Et je pose la question : « Pourquoi ne pas envoyer à Haïti, nos soldats sacrifiés en Afghanistan, dans un combat guerrier qui ne correspond pas à nos valeurs ? »

Ils y accompliraient une tâche noble et utile, celle de porter secours à la population haïtienne.

De plus, nous pensons que la communauté internationale et ses institutions financières doivent rendre effective l’annulation de la dette d’Haïti et de tous les pays en voie de développement. Ainsi pour l’avenir et dans le cadre régional, je lance ici aujourd’hui une idée dans la campagne, celle que nous élaborions une charte de la coopération décentralisée.

Notre identité régionale, c’est l’ouverture et la solidarité avec les peuples et les territoires du monde en général . Et dans cet espace, je pense prioritairement à ceux dont l’existence est reniée, les droits bafoués. Je pense au Proche-Orient et à nos frères palestiniens en coopérant plus activement que nous le faisons. Il s’agira donc d’associer tous les partenaires dans un dispositif permanent.

Ce dispositif reste à inventer afin d’inscrire notre action internationale dans une visée qui refuse la démarche sécuritaire et ultralibérale de l’UPM version Aquitaine, de l’UMP de Nicolas Sarkozy. J’en profite pour dire publiquement au Président de la République qui nous a parlé de fraternité, qu’il devrait mettre en acte son engagement à libérer les Français prisonniers à l’étranger, précisément concernant notre jeune compatriote franco-palestinien SALAH HAMOURI enfermé dans les geôles en Israël alors qu’il est INNOCENT Voilà ce que je voulais dire en préambule.

Je vous souhaiterais maintenant avant d’aller plus loin, au nom de la fédération, tous nos meilleurs vœux. Vœux de réussite dans vos engagements divers, vœux de bonheur et d’espoir renouvelé pour cette année 2010. Vœux de santé, car il en faudra, avec beaucoup de courage pour travailler à faire bouger les choses, dans le sens de la transformation sociale. Mes vœux entier aussi aux représentants de la presse qui vont jouer un rôle essentiel dans le débat démocratique qui s’ouvre à l’occasion des régionales qui viennent.

Mais en ce début d’année, j’ai eu aussi l’envie de m’interroger : Et si on était tous d’accord ? C’est vrai, quoi ? Tous ensembles, on serait tous d’accord pour s’accorder un petit recul de l’âge de départ à la retraite… Je vois que vous n’avez pas l’air de me suivre. Mais faisons un effort, la chose est proposée aujourd’hui de droite, et parfois de gauche. Imaginons une grande union sacrée pour allonger le temps de travail et diminuer les pensions de retraite. Quoi de plus réjouissant ?

…Je dois vous avouer que j’ai beau m’y essayer, puisque c’est à la mode, j’ai beau me forcer un peu, vous savez, comme quand il faut rentrer dans l’eau, qu’elle est un peu fraîche : au début ça surprend, mais après, on s’y fait. Eh bien là, mon corps refuse. Et je me dis que si nous avons construit le Front de gauche, c’est parce que, si elle doit se faire, nous n’en serons pas de cette union sacrée pour la régression sociale ! Nous la ferons échouer, parce que nous menons un combat contre le cauchemar social, écologique et démocratique que nous fait vivre la droite. Nous voulons un renouveau à gauche, nous voulons une gauche qui ne recule pas, une gauche qui se mouille, une gauche du peuple, une gauche qui s’en prend au capitalisme ! C’est cela la raison d’être du Front de gauche.

Faudrait-il renoncer, se couler dans le moule, accepter le monde tel qu’il est ?

Faut-il oublier les valeurs, les principes, les analyses, les espoirs, le mouvement qui ont transporté tant d’hommes et de femmes, qui ont permis tant de victoires inscrites dans la vie quotidienne ?

• Le temps est venu de la reconquête. • Le temps est venu d’ouvrir de nouveaux chemins.

Il n’y a pas de solution pour répondre aux défis du côté de quelque conglomérat centriste que ce soit. Il n’y a pas de solution dans une gauche qui oublie la transformation sociale.

Il n’y a pas de solution si l’on ne parle pas dans le même mouvement de social, d’écologie, de démocratie. Il n’y a de solution :

• que dans le courage et la bataille des idées, • que dans le combat incessant pour des hommes et des femmes debout, • que dans le rassemblement sur le projet le plus audacieux possible. Nous ne sommes pas une autre gauche, cantonnée à faire de la figuration sur le banc de touche. Nous sommes l’audace de la gauche, nous sommes la révolution de la gauche.

Si nous n’agissons pas aujourd’hui que sera-t-elle demain, qu’aura-t-elle à proposer ? Quelle politique mettra-t-elle en œuvre lorsqu’elle exercera les responsabilités ?

En ce début d’année 2010, à mes camarades, à mes amis de gauche de Dordogne, je veux dire que c’est ensemble que nous voulons débattre et agir, qu’il ne faut pas craindre le débat démocratique, car il y en a besoin. Nous voulons vivifier la démocratie !

On pourra me dire que je suis à côté de la plaque, que le sujet, c’est l’avenir de notre région. Mais je ne crois pas en être si éloigné que cela.

• Et comme une provocation supplémentaire, j’ajouterai que cette élection doit montrer au grand jour que Sarkozy n’a pas la majorité pour imposer ses réformes. La majorité des françaises et des français sont contre la transformation de La Poste qu’il menace d’imposer le 1er mars prochain, soit quinze jours avant le premier tour des élections régionales. Et nous devons donner avec cette élection un signal fort face au coup d’état qui se prépare sous les ors de la République contre les communes, les départements et les régions. Contre l’expression populaire, contre la démocratie !

Nous ne laisserons pas faire et déjà, nos élus sont engagés au plan local comme national pour faire échec à ces projets et obliger le pouvoir à consulter le peuple. Mais le peuple lui fait peur. Il a cherché à lui faire peur en retour, avec la grippe, avec l’identité nationale, avec la burqa, avec tout ce qui lui tombait sous la main, mais cela ne marche pas. Nicolas Sarkozy a de plus en plus de mal à faire passer ses réformes dans un pays

• qui ne veut pas se résoudre à mordre la poussière, • qui ne veut pas se résoudre à cet avenir étriqué et sans âme, • dans ce pays qui veut se sortir de la crise, et qui s’interroge sur ce système capitaliste ravageur.

L’UMP me donne raison, si l’on en croit un de ses slogans de campagne, ou alors elle est aussi un peu à côté de la plaque. Je le cite, je sais que vous l’apprécierez : « La France change, ma région doit changer aussi ». Eh bien nous allons renverser la vapeur en portant haut et fort : « Ma région doit respecter l’humain, la France doit respecter l’humain aussi. » Mais que l’on se rassure, si nous sommes là, c’est bien parce que nous voulons agir dès aujourd’hui, parce que nous avons un projet pour notre région. Le projet d’une région à haute qualité de vie ajoutée. Exactement l’inverse de ce que propose la droite, qui préfère les soustractions aux additions.

La droite veut savoir ce que veut dire être français ? Au passage, elle ferait mieux de s’interroger sur ce que veut dire la République. Nous allons lui montrer ce que signifie être de d’Aquitaine, être de Dordogne ! Et cela ne ressemble pas à un vol de charter ! Cela ne ressemble pas à ce qu’en disent Xavier Darcos ou Jérôme Peyrat. Nous voulons une Région qui résiste et qui innove face à la crise et face à la droite.

• Une région qui porte son audace en bandoulière. • Une région qui se place résolument du côté des salariés. • Une région qui impose des critères sociaux et environnementaux. Qui applique ce qui n’a pas été décidé à Copenhague. • Une région qui agit pour un renouveau des services publics, pour qu’ils ouvrent de nouveaux droits et de nouveaux espaces, dans les transports, ou pour la gestion de l’eau. • Une Région qui fait jouer à plein la démocratie alors que l’on veut la réduire. Nous ne manquons pas de projets pour aller plus loin et amorcer un autre avenir.

C’est en ce sens, que je dis, ENFIN, après de nombreuses discussions avec nos différents partenaires, qui pouvaient paraître interminables, nous allons lancer le Front de gauche dans la bataille des Régionales ! Enfin, nous entrons dans la phase active de cette campagne qui n’attendait que nous, pour rehausser le débat, pour poser les vrais enjeux de ce scrutin, pour avancer des propositions transformatrices Le 14 mars, le bulletin de vote en faveur de nos listes sera à usage et utilité multiples :

l’ancrage et le renforcement de la gauche en Aquitaine, le rejet global de la politique de la droite et le début de la construction de l’alternative dans le pays

C’est ça, le triple effet Front de gauche

Et ne faudra pas compter sur moi, sur les communistes, ni sur le Front de gauche, pour critiquer tous azimuts le bilan de la majorité régionale. Nous n’avons pas d’autres ennemis à gauche que la résignation et la passivité

C’est en ce sens que nous avons un regard lucide sur ce qu’a mis en œuvre la Région ces dernières années. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de faire une série de propositions novatrices, crédibles et applicables Oui, nous savons ce qui est réalisable, ici et dès le 22 mars, comme nous savons ce que la présidence de la Région n’a pas eu l’audace de mettre en œuvre, accompagnant plus les politiques libérales nationales et européennes, plutôt que d’être vraiment en résistance et rupture de celles-ci… En ce sens les propositions que nous ferons ne sortiront pas de nulle part.

• Elles ne seront pas une surenchère. • Elles seront des mesures construites, dans le champ des possibles, pour une politique de rupture avec le libéralisme ou ce qui revient à son accompagnement • Elles seront des mesures utiles qui, dès leur application, amélioreront les conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens. C’est, en tous cas, comme cela que nous concevons la politique C’est aussi un combat éthique, un combat de société. Pour cette élection, nous avons fait le choix de ne pas être sur le porte-bagage d’Alain Rousset au premier tour car nous voulons une émulation à gauche. • Pour que la gauche gagne sur des contenus en rupture avec le libéralisme • Pour que la gauche gagne sans dopage foudroyant comme peut l’être le MoDem • Pour que la gauche retrouve ses couleurs, ses valeurs, son courage et affronte le capitalisme pour le dépasser. • Pour faire de ces élections régionales un référendum sur la politique du gouvernement. A mi-mandat de Nicolas Sarkozy, c’est l’occasion parfaite pour un « stop ou encore » grandeur nature. Le bulletin du Front de gauche peut servir de carton rouge sous forme de tir groupé. Non à la casse des services publics, à la marchandisation de la santé, de l’école, de la culture, de la formation, de l’accompagnement vers l’emploi.

Voter Front de gauche, c’est dire non au retour à l’ancien régime que prône la réforme des collectivités territoriales. C’est dire non à l’asphyxie des communes qui, avec la suppression de la taxe professionnelle, ne pourront plus assumer leur rôle de cellule souche de la démocratie et des services publics de proximité. C’est aussi désobéir à cette société que l’on veut nous imposer. Cette société où il faut briller et doubler l’autre pour se sentir utile et réussir. Ce monde où les richesses s’accumulent mais sont orientées vers quelques poches déjà bien fournies.

Cette France de Sarkozy où l’on fabrique une identité nationale comme on jette des boules puantes au nez de la République. Je le répète ici, terre de Résistance qu’est la Dordogne. Ce faux débat doit immédiatement et définitivement s’arrêter. Le danger de cette campagne de Sarkozy et Besson n’est pas seulement qu’elle génère des dérapages mais bien qu’elle organise les provocations.

Relevons la tête face à cette droite donneuse de leçons de démocratie, d’écologie, d’humanisme, de progrès social mais qui n’a visiblement pas ouvert de dictionnaire depuis longtemps pour se remémorer le sens des mots.

Vous l’aurez compris, le projet que nous voulons mener le plus loin possible dans les urnes et dans l’exécutif régional n’est pas qu’un programme pour un territoire donné. Il est une contribution, une pierre à l’édifice de l’alternative que nous dessinons pour un futur proche, qui pourrait commencer en 2012. J’entends les ambitions ici ou là chez nos partenaires de gauche. Les uns veulent passer devant tel parti, d’autres veulent rafler les 22 régions.

Très bien, mais pourquoi faire ?

A quoi sert de régner de son fauteuil de président sur 22 régions si c’est pour ne pas choisir d’organiser et d’activer un vrai contre-pouvoir, comme ce fut le cas pendant les six dernières années ? A quoi servirait-il, de la même manière, que la gauche gouverne à nouveau le pays, si elle n’abroge pas les lois régressives votées depuis 2002 ?

Je l’affirme ici : pour que la gauche gagne en 2012, elle devra revenir sur le changement de statut de la Poste, la privatisation d’EDF-GDF, sur la suppression des postes dans l’Education nationale et l’ensemble des SP comme sur le non remplacement d’un départ à la retraite sur 2

• Elle devra revenir vers des soins remboursés à 100% par la Sécurité sociale. • Elle devra augmenter considérablement les salaires, retraites, pensions et développer une politique de l’emploi sur la base du CDI • Elle devra s’opposer fermement à la prochaine réforme sur la retraite en montrant que les financements existent pour renforcer un système solidaire et durable. • Elle devra poursuivre la réduction du temps de travail, en ayant l’audace d’aller vers les 32 heures de travail hebdomadaire, par exemple. • Elle devra mettre à plat toute la fiscalité, pour que l’impôt redevienne juste, c’est-à-dire un véritable redistributeur des richesses créées. Le Front de gauche a été un des rares messages positifs des élections européennes Il peut être la bonne surprise du 14 mars prochain Il doit être le VOTE UTILE POUR LES CONTENUS, Le vote pour nos listes sera le vote de « l’antisarkozysme utile », c’est-à-dire une sanction qui se transforme en action. Ce sera la campagne la plus efficace pour gagner l’idée que la Région est vraiment UTILE et peut répondre aux attentes de nos concitoyens. Ils attendent un espoir et les communistes que nous sommes, pensons que le Front de gauche peut contribuer à y répondre. C’est donc tout notre engagement et énergie que nous allons mettre dans cette bataille. • Tout l’engagement des plus de 2300 adhérents que compte notre fédération ; • Tout l’engagement de nos élus de Dordogne, nos 5 Conseillers Généraux, nos près de 40 Maires et 650 élus municipaux ; • Tout l’engagement d’un département, où plus particulièrement qu’ailleurs en Aquitaine, l’engagement communiste a un sens, rayonne et veut dire quelque chose dans la sphère politique et sociale. • Tout un engagement au service du rassemblement… Et c’est parce que notre volonté est que ce rassemblement réussisse, s’élargisse, qu’il ne s’apparente pas à un bal des égos ou une recherche d’hégémonie ou de leadership des uns sur les autres, • Et c’est parce qu’il faut désormais vite entrer en campagne et que notre fédération représente cette force incontestable et incontestée, à contrepied de ce que tout le monde pouvait penser, que nous avons fait le choix politique ici en Dordogne, de laisser la Tête de Liste au Parti de Gauche, comme le choix en a été fait Régionalement à Gérard Boulanger.

Ce choix nous l’avons fait de manière positive, afin de donner un signe fort, et je le dis ici, parce que tout le monde m’attendais, c’est un choix responsable de notre fédération, et je le dis sans état d’âme, au contraire avec la fierté de cette responsabilité assumée… Responsabilité également, avec le choix assumé de constituer une liste -qui est en cours de finalisation- où se côtoieront candidats des diverses organisations du Front de Gauche, bien entendue, mais aussi une grosse composante d’acteurs du Champ social, Citoyen et Associatif représentatifs de notre département, pour lesquels les communistes ont laissé leur place.

Un seul regret, dans ce rassemblement, celui que finalement celui-ci n’est pas pu s’élargir aux militants du NPA et de la Fédération qui en ont fait un autre choix et que nous respectons.

Pour autant, je pense que notre liste aura une fière allure, où vous pouvez compter qu’en tant que chef de file des communistes je mettrai toute la force qu’il faut dans cette campagne. Le sentiment qui m’habite aujourd’hui, et qui habite, je crois les communistes, c’est un sentiment de fierté, de responsabilité et de l’envie !

En ce sens, en ce début d’année 2010, chers camarades et amis, disons aux habitants de notre région et département, qu’ils peuvent compter sur nous pour ne jamais nous départir de ce courage, de cette énergie, de cette créativité qui marquent notre engagement. Avec elles, avec eux, nous voulons faire face, nous voulons faire front. Ensemble, dans notre diversité, avec nos objectifs partagés, nous allons mener une campagne de terrain inédite. Et je sais que les communistes y mettront le meilleur d’eux-mêmes.

Nous sommes attendus, alors nous allons-y aller. Chaque geste militant va compter. Ensemble, nous sommes la victoire de la gauche !

C’est là-dessus, ici, que nous sommes, tous d’accord !

Meilleurs vœux encore pour 2010.