La Voix de Jacquou Site de la Fédération de Dordogne du PCF
Dimanche 29 novembre 15h00 centre socio culturel de Boulazac Agora

Le silence des communistes

Lecture théâtralisée, avec la compagnie "Gai savoir"

lundi 16 novembre 2009 par Laurent Dousseau

L’essentiel « Ils étaient des millions dans le monde entier les hommes et les femmes qui se disaient communistes. En Italie, il y a encore peu de temps, plus d’un tiers des citoyens se disaient tels. Maintenant ils sont en majeure partie silencieux...Ce silence, je le ressens avec acuité, presque jusqu’à l’obsession. Mais il y a une chose encore plus importante que le silence. Le communisme est terminé et l’anticommunisme continue à faire rage, non comme tentative de pensée mais comme insulte, non comme recherche mais comme agression… »

Le Silence des Communistes de Vittorio Foa, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin traduction Jean-Pierre Vincent avec l’autorisation de l’Arche-éditeur.

Ainsi commence le courrier adressé en l’an 2000 par Vittorio Foa, syndicaliste, à deux membres de l’ancien P.C.I., Miriam Mafai et Alfredo Reichlin. Il leur demande pourquoi les communistes italiens se sont tus après avoir pris la décision collective de mettre fin à leur Parti 9 ans plus tôt… Une oeuvre politique, au sens citoyen du terme qui rappelle à chacun l’impérieuse nécessité de continuer à débattre et à penser le monde. Même, et surtout, lorsqu’il paraît inintelligible. Lecture théâtralisée par le Gai saVoir !!! théâtre avec Colette Sardet, Vincent Taconet et Michel Allemandou

LE TEXTE

« Ils étaient des millions dans le monde entier, et aussi en Italie, les hommes et les femmes qui se disaient communistes : permanents, militants, électeurs, sympathisants. En Italie, il y a encore peu de temps, plus d’un tiers des citoyens se disaient tels. Maintenant ils sont en majeure partie silencieux, leur passé est effacé de la mémoire. Ce silence, je le ressens avec acuité, presque jusqu’à l’obsession. Mais il y a une chose encore plus importante que le silence. Le communisme est terminé et l’anticommunisme continue à faire rage, non comme tentative de pensée mais comme insulte, non comme recherche mais comme agression ».

Ainsi commence le courrier adressé par Vittorio Foa, syndicaliste, à ses camarades Miriam Mafai et Alfredo Reichlin, dirigeants de l’ancien P.C.I. : c’est le point de départ d’une série d’échanges épistolaires entre trois militants italiens qui s’interrogent sur le sens d’une vie d’engagement.

LE CONTEXTE

Au sortir de la guerre, le parti communiste devient l’une des grandes forces politiques d’Italie, jusqu’à bénéficier du soutien d’un tiers de la population. Moins de cinquante ans plus tard, en 1991, les militants communistes prennent la décision collective de le faire disparaître. Que s’est-il passé ?

C’est la question à laquelle tente de répondre l’authentique correspondance ouverte dix ans après la chute du Mur par un syndicaliste italien en direction de deux anciens responsables communistes. Un retour sur le passé où l’histoire n’est pas convoquée pour être jugée mais pour façonner une nouvelle lecture du monde.

UNE ECRITURE A TROIS VOIX

L’ouvrage de Vittorio Foa, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin est publié en 2001. C’est un grand succès de librairie dont le célèbre metteur en scène Luca Ronconi, s’empare en portant le texte à la scène en 2006 à Turin. Jean-Pierre Vincent le traduit en français (Editions de l’Arche) et en propose une mise en espace en 2007.

Les propos de Miriam, Vittorio et Alfredo font entendre une pensée toujours en mouvement, une parole intime et libre sur le passé qui amène chacun à se poser les questions de société qui interpellent les hommes et les femmes de la gauche européenne d’aujourd’hui et que le débat politique passe trop souvent sous silence.

Un passionnant dialogue à trois voix s’adressant à toute conscience en alerte, une tentative de reformuler un discours politique s’ouvrant, aussi, au rêve et à l’utopie.

UNE LECTURE THEATRALISEE

Le Silence des Communistes est une lecture en forme de pièce. Toute tentative de recherche esthétique établirait ici une barrière avec la forme du texte, voire un détournement de son sens… Transmettre les questionnements des auteurs, ne pas vouloir asséner de quelconques réponses définitives, lutter pourtant contre le catastrophisme ambiant, le développement des exclusions et des normalisations, l’organisation mondiale de la solitude via Internet … Pour cela quelques chaises, quelques rames de papiers, un thème de jeu récurrent « à qui s’adresser ? » doivent suffire. C’est à ce prix que décidément Le Silence peut en dire long. Cette forme minimaliste est aussi un retour au débat public que Vittorio Foa souhaitait à l’origine organiser avec ses camarades.

NOTE d’INTENTION

C’était au tournant de ce nouveau siècle : Vittorio Foa, syndicaliste, écrit à deux membres de l’ex-PCI, Miriam Mafai et Alfredo Reichlin. Il leur demande pourquoi les communistes se sont tus après la disparition de leur parti, en 1991. Cette correspondance entre trois figures éminentes de la gauche italienne de l’après-guerre est publiée en 2001. C’est un grand succès de librairie dont le célèbre metteur en scène Luca Ronconi, s’empare en portant le texte à la scène en 2006 à Turin. Jean-Pierre Vincent, traduit le texte (Editions de l’Arche) et en propose une mise en espace lors du Festival d’Avignon 2007. Les propos de Miriam, Vittorio et Alfredo interpellent le passé mais sont aussi paroles de lutte contre la morosité ambiante. Ont-ils cru au Grand Soir ou plus modestement voulu lutter contre l’injustice sociale ? Entre le mythe de l’internationale et celui des Etats- Nations meurtris par les fascismes, quels choix pouvaient être faits ? Dans le contexte de la mondialisation, l’individu va-t-il pouvoir rompre avec la solitude et les égoïsmes ? Trouvera-t-il ainsi une place dans de nouvelles communautés ? Est-ce sur la valeur « travail » qu’une nouvelle socialisation peut encore se construire ? Quels critères pourront définir ce qui relève des possibles et ce qui court inéluctablement à l’échec ? Gouverner fera-t-il définitivement partie des impossibles énoncés par Freud et qu’invoque Vittorio ? Autant de questions finalement absentes de notre scène politique. Ceux qui ont tenté de les poser, au printemps 2007, ont finalement été contraints eux aussi au silence et chacun commence à en mesurer ici et maintenant les conséquences. En proposant aujourd’hui une lecture théâtralisée du Silence des Communistes notre intention reste modeste : faire entendre des voix qui nous touchent par leur authenticité et colporter quelques interrogations qui devraient faire débat dans les champs du politique et du culturel ; c’est-à-dire finalement dans celui de la réalité sociale.

Michel Allemandou

GENERIQUE Colette Sardet Miriam Mafai Vincent Taconet Alfredo Reichlin Michel Allemandou Vittorio Foa direction technique Jocelyn Legros

Gai saVoir !!! théâtre